Etrangers de coeur

Etrangers de coeur


Une véritable « qualité de vie ».
Voilà ce qui pousse la plupart des Britanniques à quitter actuellement leur pays d'origine pour venir s'installer en Dordogne.

Cette tendance, qui existe depuis bien longtemps, semble aujourd'hui renforcée. Selon la dernière enquête de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiée le 19 janvier 2010, la Dordogne est le deuxième département français accueillant le plus de Britanniques derrière Paris. Au total, selon le recensement effectué en 2006, ils sont ainsi 6 300 à vivre dans le département.

« Lors de la première vague d'immigration britannique, c'est surtout le facteur économique qui poussait les Anglais à venir ici, témoigne Stewart Edwards, installé depuis plus de 20 ans à Abjat-sur-Bandiat, emportant avec lui le jeu des conkers où l'on s'affronte à coups de marrons. Aujourd'hui, c'est surtout pour la tranquillité et l'espace, car il ne faut pas oublier que la France est trois fois plus grande que l'Angleterre ! »

Un boom entre 1999 et 2007

Lors de la dernière vague d'immigration britannique vers la Dordogne au début des années 1990, l'essentiel de ces « étrangers » était des retraités. « Il y a eu un autre grand boom dans l'immigration britannique vers la Dordogne entre 1999 et 2007, indique Charles Gilloley, président départemental de la Fédération nationale des agents immobiliers. Et à ce moment, nous avons aussi vu arriver des familles plus jeunes. »

L'Insee confirme cette tendance. L'institut indique que la moitié des Britanniques sont en Aquitaine depuis moins de cinq ans et que 51 % d'entre eux ont moins de cinq ans.

Toutefois, les Britanniques ne trouvent pas toujours « le paradis » recherché en Dordogne. « Pour les jeunes, c'est souvent difficile de trouver du travail », confirme Charles Gilloley. Beaucoup ont des activités commerciales en ouvrant notamment des chambres d'hôtes.

Les retraités, installés ici depuis des années, subissent la crise financière de plein fouet avec la baisse de 30 % de la livre sterling leur donnant parfois envie de partir ou même de « rentrer au pays ». Là encore, ce n'est pas chose forcément aisée car les acheteurs en immobilier ne sont toujours pas revenus en force. Mais pour la plupart qui sont installés dans le département depuis longtemps, c'est inenvisageable de partir. « Je suis habitué et je suis très bien ici », témoigne Toby Brown, gérant des Toqués de bière à Périgueux. Et Stewart Edwards de conclure : « Maintenant, j'ai plus de racines ici que là-bas. »

« Ils attendent pour acheter »

Fin observateur de l'arrivée des Britanniques sur le sol périgordin, Charles Gilloley, président départemental de la Fédération nationale des agents immobiliers (Fnaim), indique que « les Britanniques ne se pressent toujours pas pour acheter une maison en Dordogne ». L'explication est simple : ils ont beaucoup moins de pouvoir d'achat depuis trois ans puisque la livre sterling a perdu 30 % de sa valeur. La plupart d'entre eux attendent donc avant de s'engager. « Certains passent à l'action, notamment quand ils ont un vrai projet de vie », tempère quand même Charles Gilloley, basé au Bugue. Toutefois, l'homme juge la question « très complexe ». Pour ceux qui voudraient vendre, le problème est de trouver des acheteurs. « Mais la baisse de la livre les aide dans ce sens-là, ils perdent moins d'argent », poursuit-il. Toutefois, le phénomène reste limité, comme le prouve la bonne fréquentation des lignes vers l'Angleterre à l'aéroport de Bergerac.

Auteur : nancy ladde





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